Le numérique représente entre 2,5 % et 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre selon l’ADEME, et cette part augmente chaque année. Avec le renforcement des obligations BEGES en 2026 et l’intégration obligatoire du scope 3, l’empreinte carbone de votre parc informatique devient un indicateur incontournable. Ce guide vous explique comment mesurer et réduire concrètement votre bilan carbone IT.

BEGES 2026 : les nouvelles obligations

Le Bilan d’Émissions de Gaz à Effet de Serre (BEGES) est obligatoire en France pour les entreprises de plus de 500 salariés (250 dans les DOM-TOM), les collectivités de plus de 50 000 habitants, et les établissements publics de plus de 250 agents. Cette obligation est définie par l’article L229-25 du Code de l’environnement.

Le décret n°2022-982 du 1er juillet 2022 a renforcé significativement les exigences :

Pour 2026, les entreprises soumises doivent avoir publié un BEGES complet intégrant le scope 3 significatif. L’empreinte numérique, longtemps considérée comme négligeable, fait désormais partie des postes à justifier.

L’empreinte carbone du numérique en chiffres

Les données de l’ADEME (Base Empreinte 2023) permettent de quantifier l’impact du numérique :

Fabrication des équipements

Phase d’usage

En France, grâce au mix électrique peu carboné (environ 60 g CO2eq/kWh), la phase d’usage représente seulement 15 à 25 % de l’empreinte totale d’un équipement IT. La fabrication représente 75 à 80 % de l’impact. C’est une spécificité française : dans un pays au mix électrique plus carboné (Allemagne, Pologne), la phase d’usage pèse davantage.

Eau et ressources

Au-delà du carbone, la fabrication d’un ordinateur portable nécessite environ 7 000 à 14 000 litres d’eau (Water Footprint Network) et mobilise des dizaines de métaux et terres rares dont l’extraction est très impactante.

Scope 1, 2 et 3 : où se situe l’IT ?

Le protocole GHG (Greenhouse Gas Protocol) classe les émissions en trois scopes :

Scope 1 : émissions directes

Le scope 1 couvre les émissions directement produites par l’entreprise. Pour l’IT, il n’y a généralement pas d’émissions directes significatives (sauf si vous exploitez des groupes électrogènes de secours pour vos datacenters).

Scope 2 : émissions indirectes liées à l’énergie

La consommation électrique de vos équipements IT (postes de travail, serveurs, climatisation des salles serveurs) relève du scope 2. En France, avec un facteur d’émission d’environ 60 g CO2eq/kWh, un poste de travail utilisé 8h/jour pendant un an émet environ 15 à 30 kg de CO2eq.

Scope 3 : la majorité de l’impact IT

Le scope 3 concentre l’essentiel de l’empreinte IT :

Pour un parc de 200 postes renouvelé tous les 4 ans, le scope 3 amont (fabrication) représente typiquement 15 à 30 tonnes de CO2eq par an, alors que le scope 2 (usage électrique) représente seulement 3 à 6 tonnes. Le ratio est clair : c’est l’achat qui pèse, pas l’usage.

Comment calculer l’empreinte de votre parc informatique

Méthode simplifiée

Pour une première estimation, multipliez le nombre d’équipements achetés par an par le facteur d’émission moyen de l’ADEME :

Méthode détaillée (recommandée pour le BEGES)

Pour un BEGES conforme, une approche plus fine est nécessaire :

  1. Inventaire exhaustif : recenser tous les équipements IT actifs (CMDB ou inventaire asset management)
  2. Données fournisseurs : collecter les données d’impact spécifiques (PEP Ecopassport, données constructeur)
  3. Durée de vie réelle : amortir l’impact de fabrication sur la durée d’usage effective
  4. Fin de vie : documenter les filières (réemploi, reconditionnement, recyclage matière, valorisation énergétique)
  5. Usage : mesurer ou estimer la consommation électrique réelle

Des outils comme Fruggr, Resilio Tech (ex-WeCount), ou Greenly peuvent faciliter le calcul. L’ADEME propose également des guides méthodologiques gratuits sur bilans-ges.ademe.fr.

Stratégies de réduction de l’empreinte IT

Puisque la fabrication représente 75 à 80 % de l’impact, les stratégies les plus efficaces portent sur l’allongement de la durée de vie :

1. Allonger la durée de vie des équipements

Passer d’un cycle de renouvellement de 3 ans à 5 ans réduit l’empreinte annualisée de 40 %. Cela nécessite une politique de maintenance proactive, un dimensionnement adapté aux usages réels et une gestion rigoureuse des mises à jour logicielles.

2. Acheter du reconditionné

Un ordinateur reconditionné a déjà « payé » son coût carbone de fabrication. Seules s’ajoutent les émissions liées au reconditionnement (test, nettoyage, remplacement de composants), soit environ 5 à 10 % de l’impact d’un équipement neuf. C’est aussi une obligation pour le secteur public (loi AGEC, quota 20 %).

3. Faire reconditionner les équipements sortants

Plutôt que de recycler un parc encore fonctionnel, le reconditionnement prolonge sa vie utile et évite la fabrication de nouveaux équipements. C’est un double gain : valorisation financière pour vous et réduction d’émissions pour la collectivité.

4. Optimiser l’infrastructure

Virtualisation des serveurs, migration vers le cloud (en choisissant des datacenters PUE < 1.3 et alimentés en énergie bas carbone), consolidation des équipements réseau.

5. Sensibiliser les utilisateurs

La sobriété numérique commence par les usages : extinction des postes, paramétrage des modes veille, rationalisation du stockage et des envois volumineux.

IT Green : réduire concrètement votre bilan carbone IT

IT Green agit sur les deux leviers principaux de réduction de l’empreinte IT :

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